4 pas à terre
Quatre pas de géants car le village est à 4 km. Là aussi 1968 fut la révolution ! Un Flower Power médiéval : 700 espèces florales, dont 90 variétés de mimosas
parmi les 1.200 répertoriées dans le monde ! Ce petit arbre – une légumineuse – a été planté, après 1860, par des Anglais fortunés qui occupaient de charmantes demeures avec de splendides jardins. Au XIXe siècle on ne venait pas dans le Midi pour y mourir de chaleur. On s'y rendait l'hiver quand Albion devenait trop triste. Merveille, le mimosa fleurit de décembre à mars avec un pic somptueux et odorant en janvier et février…
Mais c'est Joséphine de Beauharnais qui introduisit le mimosa en France. Elle envoya dans différents jardins botaniques – dont celui de Toulon – des boutures que le capitaine Cook avait rapportées d'Australie en 1770. Il faudra attendre la naissance de la "Côte d'Azur" pour acclimater cet acacia. L'une de ses espèces rustiques, l'Acacia Déalba, fut employée dès cette époque par les parfumeries de Grasse et les savonneries locales. Le mimosa se plaît sur ce sol. Il s'est mis à pousser hors des jardins. On le retrouve l'état sauvage, érigé, buissonnant, pleureur. Le Tanneron, à la frontière du Var et des Alpes maritimes, en est la plus grande forêt d'Europe. En bas du village, Gérard Cavatore propose160 variétés agréées par le Conservatoire français des collections végétales.
Alors promenez-vous dans les ruelles fleuries, en savourant leurs noms et visitez le musée d'Art et d'Histoire et l'église Saint Trophime (XVIIIe, inspiration romane). Attendez la fraîcheur pour vous aventurer, vers la chapelle romane Notre Dame de Constance dont les vitraux relatent la vie du Christ.
Le sentier qui mène au sommet du culmen de 324 m (40mn à partir du château des Seigneurs de Fos, appelé aussi Le Couvent) est ponctué d'une dizaine d'oratoires. Six d'entre eux forment un chemin de croix jusqu'à la chapelle du XIIIe siècle. Puis vous découvrirez, à partir du plateau qui marque le septentrion exact, et par temps clair, le massif de Marseilleveyre et rarement, posé sur la beauté toujours saisissante de la mer, une image en peu rêvée de la Corse. Une situation exceptionnelle qui a contribué au succès télévisuel de Maurin des Maures, d'après le roman du poète varois Jean Aicard.
Avant de quitter le village allez saluer Saint François de Paule, thaumaturge calabrais du XVe siècle qui accomplit un bien curieux voyage à la demande de Louis XI et écarta le fléau de la peste en débarquant au cap Gouron…et laissez vous conter cette histoire en lisant l'article consacré au Lavandou. D'ailleurs, Borma, Bormani,…Bormes tirerait son nom de "sources jaillissantes"… devenues les fontaines du Lavandou, quartier de la commune qui demanda son autonomie en1909…![]()

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