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Bons baisers de St Jean de Luz

Saint-Jean-de-Luz baleine ou sardine, surf ou chalut

St Jean de Luz depuis le bateau


Au sud du golfe de Gascogne, le vent portant pousse vers les longues plages d’Aquitaine. Tout à coup, on aperçoit l’Adour, son embouchure protégée par une longue digue contre les coups de nord-ouest, porte d’entrée de Bayonne, la fortifiée, la riche commerçante. L’Adour avec sa barre – crainte des navigateurs – si délicate à négocier. En traversant l’estuaire, on passe du département des Landes à celui des Pyrénées Atlantiques : on pénètre dans le pays basque.

 

Au loin, les Pyrénées se dessinent. A bâbord, les plages d’Anglet sont embrumées de rouleaux puissants. Le sable fin fait place aux rochers foncés. La Pointe Saint-Martin est la premier à-pic rocheux depuis l’estuaire de la Gironde !
Son phare, 44 mètres de haut, blanc à la tête noire, porte à 26 milles avec deux éclats blancs toutes les dix secondes. Sur son rocher, il surplombe les flots de 79 mètres et marque l’entrée de la baie de Biarritz.  Les beaux immeubles défilent : folies architecturales, palaces royaux, la station balnéaire était déjà célèbre à la fin du XVIIIe siècle, mais elle doit la magnificence de sa renommée à  Eugénie. Dans la ville où elle s’est unie à Napoléon III, elle a fait bâtir l’immense Villa Eugénie, qui se découpe face aux vagues. Tout ce que l’Europe comptait de têtes couronnées et de notabilités est venu se presser ici dans les grands salons. La côte s’orne d’éboulis, de roches plissées. Les plages sont réduites à la portion congrue. La campagne est vallonnée, les maisons aux volets rouges sont comme chaulées de blanc. Dans le fond, petit à petit se dessine la montagne La Rhune. Elle domine la situation du haut de ses 905 mètres, antenne de télécommunication non comprise. On est dans la province du Labourd, l’une des trois provinces basques : piment d’Espelette, fromages de vache ou de brebis que l’on déguste avec une subtile confiture de cerise noire, civelle (alevin d’anguille), jambon, saucisson, pâté de hure ou croustons, cidre, vin d’Irouléguy, c’est un terroir qui fait monter l’eau à la bouche. Même le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Espagne, en 1660, a servi la cause de la gastronomie locale. Chassés par l’Inquisition, les Juifs portugais s’étaient réfugiés à Bayonne en 1609. Dans leurs malles, ils avaient amené la fève de cacao, découverte en Amérique du Sud par Cortès. Le mariage de l’Infante d’Espagne et du Roi de France fut une nouvelle occasion de populariser le chocolat. C’est aussi à cette occasion que fut créée la recette locale des macarons. Dérivés de la meringue, les Pare Gabea (sans pareils, en basque) ronds et moelleux ont été préparés par un pâtissier local, M. Adam, qui les a offerts au couple royal. Depuis, à Saint-Jean-de-Luz, la famille Adam perpétue la tradition, la déclinant en de nombreuses variations parfois étonnantes.

 

Le compas qui marquait Sud a lentement tourné Sud / Sud-Ouest. Au loin, les Pyrénées ont les pieds dans l’eau. Saint-Jean-de-Luz n’est plus très loin. On passe Bidart, Guéthary…. Dans l’eau, les surfeurs attendent la vague. Depuis que les premiers surfeurs ont fait leur apparition en France, dans les années 50, au pays basque, Guéthary  est devenu l’un des plus beaux spots du circuit. A quelques kilomètres,  l’agglomération de Saint-Jean-de-Luz a su profiter de la dynamique de la Glissicon Valley, qui, de Hendaye à Hossegor, concentre une économie florissante autour de la glisse. La société Na Pali (marques Roxy et Quicksilver), installée en sortie de ville en est un bel exemple. Quelques minuscules criques encore, des falaises plissées, et c’est le promontoire de Sainte-Barbe, qui ferme, au nord, la baie de Saint-Jean-de-Luz. Un beau site naturel de 2,5 hectares, protégé grâce au riche baron belge Firmin Van Bree, extravagant et visionnaire. À Saint-Jean-de-Luz, les digues ont un nom, une âme. Après la digue de Sainte-Barbe, c’est le brise-lames de l’Artha. Pour les marins qui rentrent au port, c’est comme une promesse : celle du retour à la  maison après une campagne de pêche épuisante.

 

St Jean de Luz depuis le bateau 2

A rames ou à voiles, les Basques ont pêché la morue au large de l’Ecosse dès le Moyen-Âge. Un traité de 1354 leur reconnaît des droits de pêche sur les côtes anglaises et bretonnes. A la fin du XVIe siècle, on les retrouve exploitant les bancs de Terre-Neuve, d’Islande ou du Labrador, qu’ils ont découverts alors qu’ils poursuivaient les baleines. En 1578, Saint-Jean-de-Luz armait entre 50 et 80 navires baleiniers ou terre-neuvas, et on dénombrait 3000 marins ! Pendant les guerres franco-espagnoles du XVIIe siècle, les Luziens font la guerre de course : les armateurs deviennent des corsaires puissants et bâtisseurs. Le roi Louis XIV et l’Infante d’Espagne séjourneront dans leurs plus belles maisons. La pêche basque aura ses heures de gloire et ses périodes noires. Au XIXe siècle, c’est le retour du succès, grâce à la sardine. En 1938, Saint-Jean-de-Luz est le premier port sardinier de France. Mais la pêche change encore, et les Basques continuent d’innover : en 1959, le port devient le premier port thonier du pays. Après avoir laissé Sainte-Barbe à bâbord, et juste après l’Artha, on vire au 151° pour suivre l’alignement de l’entrée du port. Là se déploie toute la beauté de Saint-Jean-de-Luz, son plan d’eau protégé de 240 hectares, sa baie magnifique en amphithéâtre. La baie, la plage, la ville, la Rhune, un paysage dont les plans successifs révèlent les richesses de l’histoire locale…

 

St Jean de Luz depuis le bateau 3

 

 

 

 

En fond de plage, on retrouve les beaux immeubles, les palaces cossus. Quelques années après Biarritz, la ville a décidé de se lancer elle aussi dans la mode des bains de mer. En 1912, elle est classée Station balnéaire et climatique, et pendant l’ entre deux guerres, artistes et British se croisent dans les bars sélects et les restaurants chics. Plus au centre, ce sont les grosses maisons d’armateurs. Derrière, en coeur de ville, l’église Saint-Jean-Baptiste – galeries en bois, peinture Bleu de France et ex-voto suspendus – où s’est marié Louis XIV. Pourtant, tout cela a bien failli disparaître. En 1670, battues par les tempêtes, les falaises et les dunes de la ville s’effondrent. Un quartier entier sombre dans les eaux de l’Atlantique en furie. 1707, 1749, 1782, 1822, 1827… tempêtes et ouragans submergent des rues. Selon le conseil municipal de l’époque, entre 1735 et 1865, « la moitié des maisons et des édifices avaient disparu dans l’abîme. » Il faut attendre 1862 pour que Napoléon III, après une troisième visite, octroie une subvention suffisante pour la construction de digues de protection. Ce sera la digue de Socoa, puis les travaux pharaoniques du brise-lames de l’Artha. Au fond de la baie, on voit le chenal d’accès au port de Larraldénia, à l’embouchure de la Nivelle, à cheval sur les communes de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure. Quelques rares places pour les escales : on est chez les pêcheurs. Chalutiers pélagiques et bolincheurs débarquent à la criée. À moins que ce ne soient des canneurs qui ramènent du thon pêché à l’hameçon, d’une qualité exceptionnelle. Le mieux est de mouiller dans la baie, dans l’une des trois zones réservées. Au sud, le petit port de Socoa, au pied du fort, ferme la baie. Voulus par Henri IV, renforcés par Vauban, fort et port ont longtemps protégé les Luziens. Des petits restos accueillants pour déguster un marmitako de thon ou du merlu à la koskera. Une ambiance tranquille. On profite en plus d’un panorama haut en couleurs.

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée
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