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Cap Béar et Cap Sicié

DEUX “CAP HORN” EN PROVENCE ET CATALOGNE

Sicié ! Béar ! Avant de s’y risquer, on regarde à deux fois la météo. Si elle annonce force 5 à Porquerolles ou Collioure, ce sera force 6 ou 7 près des caps. Et la mer, bien formée ailleurs, y sera impraticable à moins de deux ou trois milles des roches. Avec la Tramontane ou le Mistral, ce sont toutes proportions gardées les Cap Horn de la côte française de Méditerranée. Pourquoi ?

 

C’était un joyeux mouillage dans les criques. Mais il faut faire route, vers l’ouest ou vers l’est, passer Sicié, ou Béar. Quelques cirrus ça et là et reviennent en mémoire des dictions marins : “Nues étendues et fouettées, pour bientôt un frais entêté” ou bien “Barbes de chat aux nuages annoncent vents de grand tapage“, ou encore “Ciel maquerellé et queues de juments font serrer de la toile aux vaisseaux les plus grands”. Du vent s’annonce. Quand on doit doubler ces caps, on ne rit pas avec ça.

Qu’ont-ils de si particulier ces caps ?

Rien, sauf leur taille et leur position : le mont Béar, orienté est-ouest, culmine à 800 m et le massif du cap Sicié, nord-sud, est un à-pic de 365 m.

DES CAUCHEMARDS POUR LES MARINS

En s’avançant sur la mer, ces massifs sont des barrages perpendiculaires à la plupart des vents redoutés dans le coin : Tramontane pour l’un, Mistral pour l’autre, mais aussi leurs opposés, appelés, entre autres nominations, Marinada ou Migjorn ici, Levant ou Eissero là.
Et, comme une voile crée une surpression et un ralentissement du flux d’un côté et, de l’autre une dépression et une accélération, au bout des caps, tout va plus vite. Cap Béar et cap Sicié,Le Cap Sicié et le Cap Béar un des Cap Horn de la Méditerranée française par leur hauteur, provoquent de forts “effets de cap”. Ce phénomène, connu sous le nom d’effet Venturi, a été mis en évidence en 1796 par Giovanni Battista du même nom. C’est ce qui permet aux avions de voler, aux voiliers d’avancer et aux kayaks de rivière d’aller plus vite dans les canyons resserrés ou les “rapides” peu profonds.

Cette loi de la dynamique des fluides s’applique aussi bien aux courants et à la houle. Les avancées des caps provoquent une rupture et les courants se mettent à tournoyer autour du cap en s’accélérant. Deux courants distincts de part et d’autre du cap vont converger vers lui. Pareil pour la houle. Le cap la brise et elle se sépare en deux. D’ailleurs, il suffit de faire une expérience toute simple pour comprendre ce phénomène : on souffle fort au dessus d’une bassine remplie d’eau et, dès que les vagues se forment, on met le doigt au milieu. Immédiatement, deux vagues différentes vont se former et se séparer au niveau du doigt. Si on ajoute à cela l’effet boomerang du ressac, on comprend pourquoi il vaut mieux s’abstenir ou passer loin des perturbateurs.

DES PARADIS POUR LES PLONGEURS

Par beau temps, quand il est possible de venir raser les cailloux, ces endroits sont des paradis pour la plongée. La dangerosité des lieux et le brassage des eaux sont une protection et une aubaine pour la vie sous-marine.
Aux alentours du cap Béar, la première réserve marine Réserve naturelle du Cap Sicié fait le bonheur de poissons et des plongeursfut créée en 1974. Elle s’étend sur 650 ha dont 65 ha sont en zone de protection intégrale. Elle est bornée par deux balises jaunes, facilement repérées entre le Cap Peyrefite et le Cap Bear. Une merveille. De très nombreux centres de plongée la font découvrir aux plongeurs débutants.
Sicié est plus périlleux. Hauts fonds et rochers émergeants protègent le cap des intrus. A SON aplomb, les fonds sont à l’image de la côte : jusqu’à 60 m de distance et à 10 m de profondeur, c’est un bloc rocheux très pentu, parsemé de blocs de toute taille et de zones d’éboulis avec ses failles et ses surplombs. Dans les criques, des blocs de rochers issus de l’érosion sont posés sur le sable et remontent jusqu’à la surface. Des herbiers de posidonies colonisent les fonds sableux. Entre le Cap Sicié et les îlots des Deux Frères, les zones de coralligènes sont exceptionnelles.

Mais attention, un plongeur est aussi un marin qui doit rentrer se mettre à l’abri. Les trésors des fonds ne doivent pas faire oublier les dangers de la surface. Ceux qui restent en surface doivent assurer leur sécurité sous-marine mais aussi faire grand cas de la météo marine.

Une dernière chose : ce n’est pas parce que Béar et Sicié sont les petits Caps Horn que les avoir doublés donne la permission aux marins de faire pipi sur le bord au vent du bateau, comme c’est le privilège des vrais cap-horniers.

 

Hélène Petit

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée