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Côte d'Azur : la baie d'Hyères

Les posidonies et les beaux fonds sont aussi sur Cabotages Méditerranée

Posidonie et beaux dessous d’un bleu profond

Chaque été, nous sommes des milliers à être attirés par la baie d’Hyères et les eaux turquoises de ses îles. Un coin paradisiaque dont l’histoire géologique est faite d’incessants remaniements. On peut en lire les grandes lignes sur les fonds marins.

 

La météo est bonne. Avitaillement et pleins faits, batteries à bloc, moteur ronflant ou voiles gonflées, cap au 110° pour les 140 milles de la traversée entre Porquerolles et Calvi. Mais, à peine une heure après avoir franchi la Grande Passe, le sondeur déclare forfait. On se dit “l’électronique tombe en rade, ça commence bien” Non. C’est seulement qu’on vient brusquement de prendre 2.000 m d’eau sous la coque. Jusqu’à destination, on naviguera au-dessus d’une plaine abyssale.

Limitée au sud-est par le talus Corse et au nord-ouest par le talus provençal, cette vaste zone océanique s’est creusée quand la Corse, la Sardaigne et les îles d’Hyères se sont détachées du continent entre moins trente et moins quarante millions d’années. Il est des séparations qui laissent de grands fossés

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas à ce départ de nos îles à la dérive vers les cieux italiens.

Le paysage côtier et sous-marin a changé bien des fois au cours des temps géologiques. Refroidissement, réchauffement, refroidissement climatiques la mer n’a cessé de monter et de descendre. Par trois fois, la glaciation a retenu les eaux douces sur les calottes polaires et les immensités des continents gelés sur des épaisseurs phénoménales, les empêchant de couler vers les océans. Par trois fois, les frimas ont contracté l’eau de mer en la refroidissant (1km d’épaisseur d’eau de mer dont la température moyenne baisse de 1°C perd environ 25cm de hauteur).

La conjonction de ces deux phénomènes a fait baisser le niveau de la mer sur toute la planète. A Hyères, elle s’est retirée de plus de cent mètres, au point de permettre de passer à pied sec des îles d’Or au continent. Toute la « plaine d’Hyères » était découverte.

Dérive terrestre d’ouest vers l’est, montée et descente de la mer, ce n’est pas tout. Les plissements sud-nord de l’écorce terrestre sont venus ajouter leur patte au modelage de la côte et des fonds de la baie d’Hyères. De – 300 à – 6 millions d’années, des Pyrénées au massif des Maures, les poussées d’origine alpine ou ibérique n’ont pas cessé, provoquant jaillissements et effondrements dont la résultante est un relief composé de plissements et de failles plutôt orientés d’est en ouest.

 

Si l’on compare la géologie du continent à celle des îles d’Hyères, on trouve les mêmes roches disposées dans le même ordre. Les îles d’Or constituent le pli le plus méridional dont seuls les sommets sont visibles aujourd’hui.
Au-delà vers le sud commence la plaine abyssale. Ces canyons ont des parois abruptes et certains à-pics et peuvent dépasser 800 m. Les fonds (talwegs) de ces canyons sont à des profondeurs allant de 2.200 à 2.400 m.La carte des niveaux de la mer Méditerranée et des âges
Voici pourquoi quitter Porquerolles pour la Corse c’est se lancer dans le survol de pics et de gouffres vertigineux.

En revanche, les fonds de la rade d’Hyères sont un vaste plateau deltaïque, au relief monotone, dont la profondeur n’excède guère 50 m. C’est une chance pour les plongeurs car l’endroit est plein dépaves assez faciles à visiter.

A une certaine distance du rivage, l’érosion a tracé des couloirs longitudinaux parallèles au littoral. Une prospection sismique acoustique entreprise par le CNEXO a montré la présence de chenaux enfouis sous les sables actuels et correspondant à des écoulements préhistoriques. Ainsi, en rade de Hyères, se poursuivent les cours fossiles enfouis du Gapeau et du Pansard avec leurs méandres. Ces lits dessinent un “delta” sous-marin avançant au nord-nord-ouest de l’écueil des Mèdes.

 

Aujourd’hui, la rade de Giens et la baie de Hyères ainsi que les abords des îles d’Or sont formées de fonds sableux assez grossiers fixés par des mattes de Posidonies. C’est le plus grand herbier de la côte méditerranéenne française. Autrefois, il y avait de l’herbe à aurochs, ce sont maintenant des pâturages à poissons.

Alors attention quand vous jetez l’ancre !

 

Hélène Petit et Christophe Naigeon

 

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée