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De beaux jours pour la Méduse

Le retour des méduses en Méditerranée !

Le cauchemar des baigneurs ! Absente des côtes méditerranéennes depuis 1998, elle est réapparue en 2003. Et certains scientifiques pensent que les populations de méduses auront pratiquement doublé d’ici 2020 !

 

Dès que cette masse gélatineuse est à moins d’un mètre, c’est la fuite ! Pourtant, les méduses n’attaquent pas. Même si ses muscles puissants l’aident à se propulser, courants et vagues restent son principal moyen de locomotion. Dommage pour vous, le hasard vous a mis sur son chemin Aïe ! La baignade est terminée.

 

Cabotages.Méditerranée- Méduse présente dans toute la méditerranée et le long de nos côtes

CONNAITRE SON ENNEMI

On peut la confondre avec un sac en plastique. Pourtant, ce n’est pas simplement une masque visqueuse composée à 90% d’eau. La méduse est un animal, certes bien particulier, mais qui en remplit toutes les fonctions :

Pour se nourrir, elle se sert de ses filaments, souvent invisibles. Dès qu’elle touche sa proie, des “ressorts” placés dans leurs cellules lancent des harpons microscopiques chargés d’un venin qui immobilise la cible, en général des organismes planctoniques. Les tentacules ramènent alors la proie à la bouche.

Pour respirer, pas besoin de poumons, les échanges gazeux se font à travers la peau.

Pour agir, pas de cerveau mais un réseau de cellules nerveuses et de fibres si bien “pensé” qu’il a servi de modèle aux scientifiques pour comprendre le passage de l’influx nerveux chez l’humain. Et elle a aussi des organes des sens. Des yeux ocelles plus ou moins complexes selon l’espèce, et des organes d’équilibration statocystes cellules équipées de sortes de cils qui captent les changements d’orientation.

Pour se reproduire, les méduses ont une sexualité. Il y a mâles et femelles, spermatozoïdes et ovules. Les larves ont un début de vie un peu particulier : elles tombent sur le fond, se fixent sur un support pour se transformer en une sorte de tige, le polype. Ces tiges forment des colonies qui vont bourgeonner et donner de petites méduses qui seront lâchées en pleine eau.

En trois à quatre mois, une méduse pond des millions d’œufs. Et tout cela arrivera sur nos plages.

LE RECHAUFEMENT, LES MEDUSES ADORENT

 

Il y a toujours eu des “années à méduses”. Au XVIIIe siècle, un marin de Méditerranée écrivait dans son carnet de bord « depuis trois jours, nous naviguons dans une soupe de méduses ». Depuis 2003, on note un retour en force. Depuis, Pelagia noctiluca, espèce d’un joli violet bleu est là pratiquement toute l’année.

 

En 2006, il a fallu interdire la baignade sur certaines plages à Nice et Marseille. Les Espagnols ont créé un drapeau pour avertir les baigneurs : méduse bleue sur fond blanc.
Allons nous devoir nous y habituer ? De l’avis des scientifiques, le réchauffement climatique leur profite. Elles raffolent de l’eau chaude et ça dope leur libido. De surcroît, la canicule attire les méduses vers la côte car les eaux y sont plus salées.

 

L’action de l’homme n’est pas non plus étrangère au phénomène : plus l’eau est polluée, mieux les méduses se portent. Le plancton animal dont elles se nourrissent en partie prolifère grâce aux excès de matières organiques venus des rejets des usines et de l’agriculture. La pollution les débarrasse aussi de leur pire ennemi, la tortue. La surpêche fait le reste. Moins de poissons, surtout thons et dauphins, moins de prédateurs. Et, plus de méduses, moins de poissons car la vorace dévore leurs larves.
La prédiction de Jules Verne dans Vingt Mille Lieues Sous les Mers « des océans vidés de leurs poissons et encombrés de méduses » est-elle entrain de se réaliser ?

L’ALLERGIE, DANGER N°1

Le principal danger est le risque d’allergie que sa piqûre peut provoquer, comme celle d’un insecte. Attention ! Les personnes allergiques doivent avoir avec eux un antihistaminique pour intervenir au moindre symptôme (nausée, maux de tête, vertiges) qui pourrait conduire à un choc anaphylactique.

A part ça, le venin des méduses, éminemment toxique pour ses proies, n’est que désagréable pour l’homme : une sensation de brûlure ou de choc électrique, puis des démangeaisons, et la zone touchée devient très rouge avec parfois de petits boutons blancs. Rien de plus. Ces effets disparaissent rapidement dans la plupart des cas.

 

Premier conseil : ne vous grattez pas ! Vous enfonceriez encore plus profond les piquants. Si des fragments de tentacules sont visibles, ôtez les avec une pince à épiler, sinon, ils continueront à délivrer du venin.
Lavez abondamment la zone touchée à l’eau de mer puis séchez sans frotter. Du sable sec pourra servir d’éponge à venin et aider à décoller les cellules urticantes.
Appliquez ensuite une crème apaisante et anti-allergique sur toute la surface à traiter, puis laissez à l’air libre.
Baignade déconseillée durant deux à trois heures.

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée