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Kybele, une galère de Phocée à Marseille

1.500 MILLES DANS LE SILLAGE DE PRATIS

Une galère “à l’antique” a entrepris la croisière de Phocée au Lacydon. Un cabotage symbolique de cinquante étapes sur les traces du fondateur de Marseille.


Le 2 mai 2009, Kybele, la reconstitution d’un navire de la Grèce antique de 60 pieds (19 m avec l’éperon, 4 m de large) quittait la petite ville portuaire de Foça, en Turquie, site de l’Antique Phocée. Destination : Marseille. Comme il y a huit siècles. A l’heure où Kybele nous mettions sous presse, il était attendu dans le port du Lacydon pour le 1er juillet.

A son bord, Erkurt Osman, archéologue-navigateur, et vingt rameurs, étudiants ou membres de l’association 360° qui porte le projet.

Le but n’est pas de reconstituer à l’identique les conditions du voyage de Prôtis et des ses 150 compagnons. Le fondateur de Marseille était venu sur un “pentécontore” (50 rameurs) de plus de cent pieds. Ces grands bateaux, très légers et agiles à la manœuvre, pouvaient filer 10 nœuds et étaient tirés à terre chaque soir.

LA GALERE : UN “FIFTY”

Kybele (Cybèle, voir l’encadré), construite aux chantiers naval d’Urla, près d’Izmir (Smyrne), est une “birème”, navire de guerre très courant au Ve siècle avant J.-C. qui tient son nom des deux rangs superposés de rameurs prenant place sur chaque bord. C’est un “fifty” adapté aux conditions de vent de la Méditerranée : un bon “moteur” pour aller contre le vent et manœuvrer, et une voile presque un spi très efficace aux allures portantes. Celle de

Kybele fait 87 m2, maintenue par une vergue de près de 13 m.Kybele en mer
Il s’agit avant tout de faire voyager symboliquement cette petite galère de combat imaginée à partir d’éléments issus de documents littéraires et d’iconographies (on ne retrouve pas d’épaves des navires de guerre, voir article pages 16 et 17).

Les 1.500 milles nautiques qui séparent les deux ports vont être l’occasion de réinventer une bien singulière route et de mieux estimer les conditions de navigation pratiquées vers -600, par les marins ioniens fondateurs de tous les comptoirs grecs en Méditerranée mais avec la sécurité d’un navire accompagnateur pour la logistique, l’aide électronique à la navigation et les éventuels secours.

Erkurt Osman n’en est pas a son coup d’essai. Il déjà exercé ses talents de charpentier de marine antique avec Ulu Burun, un bateau de l’âge du Bronze (-1400) qu’il a reconstruit cette fois à partir de son épave, découverte en 1984 au “Grand Cap”, en Asie mineure. Ce bateau en bois de cèdre de la reine d’Egypte Néfertiti (on a retrouvé des bijoux lui appartenant parmi mille objets d’art dans l’épave) a déjà parcouru quelques 1.000 milles depuis sa mise à l’eau en 1995. Mais ceci est une autre histoire

LES AMITIES FRANCO-TURQUES

Même si ni le navire ni les conditions de navigation ne sont celles de Prôtis, le parcours est un cabotage d’une cinquantaine d’escales distantes d’environ 30 milles, ports ou mouillages. Les arrêts prévus en France (Aléria première colonie grecque Nice, Antibes, Cannes, Saint-Tropez, Toulon et Cassis) sont autant de visites de courtoisie aux comptoirs anciens, créés par les Phocéens de Phocée et les Phocéens de Massalia.Proue d'une Kybele

Le projet “Kybele”, qui n’a pas la vocation scientifique, technique et patrimoniale du projet “Prôtis” (voir l’article pages 6 et 7), revêt surtout une dimension politique. Intitulé “Mare Nostrum” et lancé à l’initiative de l’association 360° basé à Urla en Turquie, il est parrainé par le Centre Culturel Français d’Izmir et le Centre de Documentation Antoine Galland que relaie l’Association Méditerranée France-Turquie de Marseille. Le coût du projet, qui s’élève à 750.000 €, est financé par des fonds privés, essentiellement des entrepreneurs turcs et le groupe français AXA.

L’arrivée de Kybele à Marseille coïncide avec l’ouverture de la Saison de la Turquie en France. Un final est envisagé via fleuves et canaux jusqu’au pied de la tour Eiffel à Paris où elle sera exposée dans le cadre d’Istanbul capitale européenne de la culture, en mars 2010..

Emma Chazelles

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée