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La faune interlope des ports

Les ports et leurs écosystèmes

Le port est un écosystème très riche et très diversifié que les scientifiquesCabotages.Méditerranée- Vertes prairies sous-marines commencent à peine à étudier. Gîte et couvert pour bien des espèces, c’est un havre utile à la production marine. Mais c’est aussi trop souvent un lieu où le poisson s’empoisonne.


Cela nous est arrivé à tous. Ou presque.

 

Après une journée en mer où aucun poisson de roche n’a goûté nos appétissantes dures, aucun thonidé ne s’est pris à nos rapalas sophistiqués ni aucun poulpe à nos turlutes «maison», nous arrivons bredouilles à l’escale. Et là, en une mi-nute, avec une ligne d’opérette et un bout de pain, notre gamin de huit ans sort un muge de trente centimètres. Pour laver cette honte, on lui dit : « refous-moi ça à la mer, les poissons de port, c’est pas mangeable ! ».
Est-ce vrai ? Et pourquoi y a-t-il autant de poissons dans les ports ? Et tant de moules sur nos hélices et tant d’algues sur nos coques et tant de machins gluants sur nos pendilles ? Pour-quoi, alors qu’on nous culpabilise avec la pollution, faune et flore marine prospèrent sous les nappes d’hydrocarbures, au milieu de bouteilles en plastique, de débris de polystyrène et de déchets de carénage, sur des fonds où les pneus, les canettes et autres chaises cassées tiennent lieu d’épaves sous-marines ?

 

La première réponse est que les poissons ne sont pas idiots et que, même tout petits, ils savent ce qui est bon pour eux et la survie de l’espèce. Exemple : les femelles qui vivent dans les eaux libres attendent une météo favorable pour pondre. Sachant que les larves auront besoin de s’approcher des côtes pour se nourrir, elles vont attendre Cabotages.Méditerranée- Faune portuaire à protéger pour leur diversité et la beauté des fonds marinle printemps et la saison des vents de terre.

Quand mistral et tramontane chassent les eaux de surface vers le large, celles du fond remontent vers la grève (upwelling). Ce flux inverse, plus fort que le courant liguro-provençal qui coule d’est en ouest et disperserait les petits le long des côtes, est un moyen de transport dont la maman des poissons qui est, comme dit la chanson, non seulement gentillemais maline, sait profiter.

Les larves, dès qu’elles doivent se nourrir elles-mêmes, cherchent non seulement de quoi manger près des rivages mais aussi de quoi s’y cacher. Car leur premier voyage connaît l’hécatombe. Les prédateurs qui nagent en pleine eau s’en régalent. Alors, en particulier dans le golfe du Lion, y a-t-il meilleur abri que les ports ?

Les eaux y sont calmes et d’une température beaucoup plus constante, les cachettes innom-brables : les grandes, entre les flotteurs des pontons, dans les recoins des enrochements, sous les barques coulées, les cordages jetés, les pneus abandonnés, mais aussi les minuscules, dans les alvéoles de la pierre, les monceaux de coquillages rejetés, les amas de moules et d’algues sous les coques. Un paradis pour les larves, puis les alevins qui y trouvent le gîte.
Et aussi le couvert : les rejets organiques de toute sorte, notamment ceux des pêcheurs quand c’est un port de pêche, le brassage des eaux quand il est dans un estuaire ou au débouché d’un grau, le «piégeage» du phytoplancton venu de la mer. Et tout ce qui est fourni par l’écosystème à la biodiversité très grande qui s’est constitué au fil des années : coquillages, crustacés, algues, anémones, d’espèces nombreuses qui prospèrent pour les mêmes raisons.

Les scientifiques arrivent à y trouver des plantes ou des animaux devenus rares ailleurs et parfois même tout à fait inhabituelles.
Certains organismes, ramenés dans les filets des chalutiers, miraculeusement vivants, élisent domicile dans le port sans jamais retourner au large.

Un piège, les ports ?


Non, des poissons y entrent et en sortent selon les saisons, les marées ou les heures du jour, d’autres y demeurent en permanence.

Ainsi, on pourrait presque dire que les ports sont les derniers endroits où il n’y a pas de sur-pêche, où les poissons peuvent vivre en paix et que ces constructions sont finalement bien utiles à la mer. Pourquoi pas, à condition que ces «bed & breakfast» ne soient pas des pensions Borgia où le poison coule à flots.
Des aires de carénage ou des industries qui ne sont pas aux normes, des égouts ou des eaux ruissellement qui s’y déversent, des bassins versants qui drainent les pesticides du vignoble, des plaisanciers ou des pêcheurs peu respectueux, des navires, grands et petits qui crachent les hydrocarbures… tout ceci ajouté à l’accumulation des pollutions anciennes par métaux lourds (mercure, minium au plomb…) fait que les poissons de bien des grandes villes portuaires sont gavés de polluants lors de leur passage dans les ports.
Mais, dans un petit «port propre», vers mars, quand le premier muge vient roder autour des pannes annonçant le printemps comme le retour des hirondelles, vous pouvez encore en faire votre dîner. En fin d’été… évitez.
Car les poissons ont beau avoir développé des trésors de résistance ils n’en sont pas moins pollués.

Christophe Naigeon

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée