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La Londe les Maures, bien plus qu'un décor de vacances

La Londe les Maures, le port de plaisance à l'histoire étonnante

La Londe est une escale bien tranquille dans la baie d'Hyères. Si vous vous arrêtez dans le port tout moderne de Miramar, pensez que derrière ce décor de vacances il y a une de bien surprenantes histoires

 

Quand on approche du port de La Londe En approche du port de La Londe, vous longez là côte et les eaux transparentes de cette partie de la Méditerranée à la faune et la flore magnifiques et abondant attention à vos ancreson ne peut pas ne pas voir deux point sur la côte immédiate. A bâbord, un bunker sous les pins rappelle que ces plages furent l'objet de durs combats lors du débarquement en Provence, en août 1944. A tribord, derrière une haute grille surmontée de barbelés, des bâtiments industriels.

Le plus porche de la plage, une bâtisse de plain-pied avec cinq grandes portes-fenêtres à imposte laissent à penser qu'on s'y installerait volontiers un petit cottage face à la mer

C'est une petite partie de l'ancienne usine Schneider qui fabriquait des torpilles et les essayait là, à partir d'un ponton.

Voici l'histoire :

LES MINES DE FER

Vers 1875, Victor Roux, riche financier marseillais devient propriétaire du Domaine des BormettesLe Château des Bormettes à La Londe Les Maures dont  il redécouvre et développe le filon de plomb argentifère qui s'y trouve.
En 1881, il fonde la Société des Mines des Bormettes et l'exploitation des mines de l'Argentière riches en zinc et surtout démarre dès 1885, créant de nombreux emplois. Ainsi, après avoir été un territoire essentiellement forestier et agro-pastoral, La Londe entre à la fin du XIXe siècle dans une ère minière.

A partir de 1890, d'autres filons sont découverts et exploités, les plus importants à La Rieille et au Verger (nord de la commune). L'exploitation s'étend alors sur une superficie qui couvrait la quasi-totalité du territoire de La Londe et même une partie des communes de Collobrières et Bormes.

Ces mines sont tellement prospères que leur rentabilité nécessite la création d'un chemin de fer en 1899, permettant le transport des ouvriers entre les différents lieux d'extraction et l'acheminement du minerai jusqu'à l'Argentière où s'effectuaient son traitement et son expédition par voie maritime.
Signe de prospérité aussi, une fonderie, dont on voit encore l'imposante cheminée-tunnel, est construite à titre expérimental en 1897 pour traiter le minerai sur place.

La prospérité de la mine contribue directement à la formation du village (construction de corons, création d'un bureau de poste et télégraphe, d'une gendarmerie, ...) et à la création de la commune.
A partir de 1890, le village s'ouvre aussi vers l'extérieur avec la mise en service de la ligne de chemin de fer du littoral qui effectue le trajet Toulon-Saint-Raphaël.

Gagnant peu à peu son autonomie, La Londe les Maures, le second toponyme, provenant du latin «mauros» qui signifie «brun foncé», évoquant la couleur du massif.

Alors que le village croît, l'exploitation des mines des Bormettes connaît une baisse croissante de sa productivité dès 1904 et cesse toute activité en 1929.


L'USINE DE TORPILLES

A l'époque où l'activité minière décline, une autre activité industrielle va prendre le relais. La société Schneider implante aux Bormettes une usine d'armement, filiale des usines du Creusot, dans ce site stratégique en rade d'Hyères où il profite en plus de la main d'œuvre disponible et des structures de la mine déclinante.

Dans un premier temps, son activité sera limitée aux essais de lancement en mer de torpilles fabriquées dans les usines d'Harfleur et du Creusot. A cette fin, un îlot de lancement artificiel en béton armé, construit sur les principes de l'ingénieur Hennebique, fut implanté en 1908, au large de la pointe de Léoube(Bormes). C'est là que les premières torpilles automobiles fabriquées en France ont été testées.

Puis en 1912, suite à une commande importante de torpilles pour La France et l'Italie, le bureau d'étude du Havre s'installe ici. Une véritable usine d'armement va voir le jour : en 1913, est construit l'atelier avec la toiture à sheds pour fabriquer les torpilles sur place et une fonderie est aménagée.

A la veille de la 1° Guerre Mondiale, 234 torpilles y seront exécutées. Pendant la guerre, l'usine fabrique essentiellement des pièces pour l'armée (obus, pièces d'avion...).

Après la guerre et jusqu'en 1921, Toulon devenant le sanctuaire de la torpille en France, l'usine s'est reconvertie dans la fabrication de moteurs électriques. De nombreuses femmes étaient alors employées pour le bobinage qui requerrait des mains minutieuses. A partir de 1920, la société Schneider entreprend la construction d'une ligne de chemin de fer. Elle était reliée au chemin de fer du littoral qui passait au village pour le transport des ouvriers mais aussi de l'outillage, du combustible et des produits métallurgiques nécessaires à la fabrication.

En 1921, l'usine retrouve sa vocation d'origine. En 1937, la société Schneider est expropriée et l'usine nationalisée et associée à celle de St Tropez pour devenir la DCN. Ces deux usines, avec celle de Toulon, travaillent alors en étroite collaboration : réalisation des plans et des prototypes à St Tropez, fonte des torpilles à Toulon, assemblage et finitions à La Londe.Entrée dans la baie de la Londe  où les bateaux et voiliers se cotoient sur la grande bleue

UN NID D'ESPIONS

En 1929, la société civile vend le château à une étrange société alsacienne soi-disant holding d'entreprises de cinéma, l'Astrolabe Omnium de l'Est.

Dans les années 1930, sous couvert de productions cinématographiques, cette société fait construire l'astrolabe, bâtiment aux allures militaires de même style que le château situé en hauteur, et s'en sert de base d'espionnage des activités de l'usine de torpilles Schneider, située en bord de mer.

En 1936, sur intervention des services de sécurité, les activités sont interrompues et la société expropriée. Cependant, suite à la concurrence internationale en matière d'armement et à la réduction du budget de la Défense, l'établissement des Bormettes a du fermer en 1993.

Cette activité industrielle avait fait naître une cité construite entre 1913 et 1920 de 103 maisonnettes d'ouvriers et 11 villas réservées aux cadres. Ces maisonnettes, construites en alignement et prolongées par un jardin potager et une cour, donnent à l'ensemble l'allure d'un coron.

Cette cité vivait en totale autonomie par rapport au village, comportant toutes les structures nécessaires aux besoins de la vie quotidienne et aux loisirs : coopérative alimentaire, fournie par les produits de deux fermes appartenant à Schneider et où on trouvait de tout à des prix défiants toute concurrence, école, garderie, bureau de poste, boulangerie, bar, salle des fêtes, kiosque à musique, et plus tard, coiffeur, douches publiques, salles de sports.

Aujourd'hui encore habité par près de 80 familles, c'est un des rares exemples de cité coron en Méditerranée. Encore dynamique de part le fort tissu associatif sportif et culturel qui émane du monde ouvrier, cette cité vit chaque année à la Pentecôte à l'heure d'une fête traditionnelle, inventée par les ouvriers il y a plus de 80 ans.


Christophe Naigeon

 

Source : archives mairie de La Londe
Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée