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La pêche décline aux Saintes Maries de la Mer

Port Gardian, port de pêche

Port Gardian, le port des Saintes Maries de la Mer sort de terre en 1984. Une aubaine pour les pêcheurs. Auparavant, ils tiraient leurs barques sur le sable à bout de bras. Pierre Sellier, un pêcheur historien, natif des Saintes, raconte. Un regard acéré sur un monde qui disparaît.

 

« Imaginez quarante voiles latines dehors, plus quelques voiles du Grau du Roi. C'était très joli » se souvient Pierre Sellier, ancien pêcheur né en 1920 aux Saintes Maries de la Mer. Ce temps-là date des années 1950-60 quand la pêche bat son plein et fait vivre les familles des Saintes. Fils et petit-fils de pêcheurs, Pierre Sellier commence à pêcher à treize ans. Nous sommes en 1933.

« L'école n'a pas voulu de moi. Je ne sais ni lire ni écrire, mais j'aimais bien l'arithmétique. Je me suis mis à la pêche avec mes frères. Au début, levé dès six heures du matin, je préparais les bateaux. En fait, je chargeais les sacs en toile de jute remplis de sable qui servent à lester les bateaux. Il en faut quelquefois une trentaine pour que ce soit efficace. » explique l'ancien pêcheur.

 

De mai à septembre, ils ramènent essentiellement du maquereau pris à la traîne, à la voile et à la rame. Il faut attendre l'après-guerre pour faire l'acquisition d'un petit moteur de six chevaux « qui suffit amplement ». Un soulagement, sans doute, mais le plus gros effort reste la remontée des barques sur le sable, par tous les temps. Exténuant.

Aussi, en 1984, les pêcheurs sont ravis quand ils apprennent la réalisation d'un port de plaisance qui leur consacrera la partie du fond, la plus proche de la villeLes Saintes Maries de la MerLe port de plaisance des Saintes Maries de la Mer c'est Port Gardian, port de plaisance dédié aux pêcheurs avant tout. Leur quai prévoit la place pour une vingtaine de bateaux, à condition que leur longueur soit inférieure à dix mètres. Ce qui est le cas de tous, sauf un chalutier qui ne restera pas.

 

Pour Pierre Sellier, les autorités n'ont pas construit le port dans le bon sens. « Ici, le mauvais temps vient toujours du sud-est. Et bien, la sortie est orientée sud-est. Erreur ! Ils auraient pu la faire sud-ouest mais ont prétendu qu'il y avait des risques d'ensablement. Tenez, en ce moment (ndlr : mars 2008), une suceuse aspire le sable dans la passe depuis quinze jours. »

Mais ce n'est pas la faute des ingénieurs si la pêche décline. Année après année, le nombre de bateaux diminue. Ceux qui restent ne sortent pas tous les jours.A l'entrée de Port Gardian, l'église des Saintes Maries de la Mer fait un bon amer et une excellente vigie Les jeunes ne reprennent pas le flambeau, les vieilles dynasties de pêcheurs se dissolvent.

Pierre Sellier a son idée sur les fautifs, ce sont les "nouveaux pêcheurs" : « On achète des filets, on branche un moteur de 200 chevaux, c'est la facilité. » La baisse des réserves halieutiques ? Plutôt une baisse d'énergie, selon lui : « Les jeunes n'ont pas de "moutarde". Ils disent qu'il n'y a plus de poisson mais c'est pas en restant à quai qu'ils vont en trouver ! ». Car les poissons, explique-t-il, s'éloignent du rivage à cause de la pollution du Rhône qui draine « tous les produits chimiques qu'on y balance ».

 

Les Saintois seraient-ils nostalgiques de l'époque d'avant le "progrès" ? Possible. En tout cas, ils ne manquent pas d'humour. Pierre Sellier voit dans le développement touristique une autre cause de pollution : les huiles solaires forment l'été une nappe d'hydrocarbures qui empêche l'eau de s'oxygéner.

La marée noire des "Bronzés" !

 

Autre magnifique Brève de Comptoir recueillie à la terrasse d'un café sur le port : deux grands pères du cru regardent les touristes se déplacer sur les trottinettes électriques : « je pensais qu'en l'an 2000 on verrait des soucoupes volantes partout. Regarde, y a que des cons en patinette ! ». Rétros mais pertinents les Saintois


Marilyn Beaufour et Christophe Naigeon

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée