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Le courant ligure


Il court, il court le courant ligure !

Pas un souffle de vent, pas une vague. Et pourtant, 1,4 millions de m3/s se déplacent sous votre coque. Responsable : le courant Ligure qui se forme dans le sud du Golfe de Gênes pour ensuite parcourir un long chemin de l’Italie à l’Espagne.

 

Gibraltar est la porte ouverte aux eaux atlantiques froides. Le froid allant toujours vers le chaud, ce passage stratégique donne naissance à tous les courants méditerrannéens. Ces masses d’eau vont couler comme un fleuve sur des centaines de milles, se séparant en bras au gré des obstacles. Le courant Liguro-provençal est l’un d’entre eux. Mais nous n’en sommes pas là Laissons nous porter pour la croisière que, depuis la nuit des temps, suivent les organismes marins. Car ce tourbillon est un gigantesque shaker où se prépare un véritable cocktail de vie !


AU FIL DES OBSTACLES ET DES SAISONS
Gibraltar franchi, les eaux nous portent sur quelques 850 milles le long de l’Afrique jusqu’au canal de Sardaigne. Là, un premier bras se forme et remonte plein nord à l’ouest de la Sardaigne et de la Corse. Plus loin, la Sicile divise le reste du flot en deux branches. L’une part au sud entre Malte et la Libye, se dilue un peu avant l’Egypte puis reprend force, remonte le long d’Israël et du Liban, contourne Chypre et revient via la Turquie et la Grèce se glisser dans l’Adriatique jusqu’à Venise.
Revenons au canal de Sicile et suivons la branche qui a choisi de lécher la botte de l’Italie sans oublier Palerme ni la baie de Naples, de faire le tour des Eoliennes, puis de filer jusqu’au Golfe de Gênes où, bloqué, il vire à l’ouest. C’est le courant Ligure.
Un peu plus loin, vers Monaco, il retrouve les eaux remontées à l’ouest de la Corse pour ne plus former qu’un seul flot sous le nom de courant Liguro-provençal.
Les saisons jouent aussi leur rôle. Son débit maximum est en hiver. Et c’est aussi à cette période qu’il se rapproche le plus de la côte. Etroit, profond et rapide en saison froide, il s’élargit et ralentit aux beaux jours.
De juin à décembre, le “fleuve”, large de 40 à 50 km et profond de 100 à 200 m, avance à un nœud de moyenne (50 cm/s) en surface, cinq fois moins vite au fond. De janvier à mi-mars, il ne fait plus que 20 à 30 km de large, mais entre 250 et 400 m de profondeur, sa vitesse est encore de 10 cm/s.

A LA RENCONTRE DES EAUX DU RHANE
A hauteur de Marseille, après avoir cheminé au-dessus des fosses marines de Côte d’Azur, le courant “monte” sur le plateau continental. Passé le Golfe de Fos, il ne reste plus par endroits que de 15 à 20 m de fond à plusieurs milles du bord. La perturbation du flot dans sa partie côtière se trouve aggravée par la rencontre avec le Rhône. Les satellites en montrent le panache et les plaisanciers ont tous vu les eaux changer brusquement de couleur et d’odeur et leur GPS indiquer un écart de vitesse d’au moins un nœud avec ce que dit le speedo à ailettes.
Mais, globalement, le fleuve a peu d’influence le courant Liguro-provençal car, en dehors des périodes de fortes pluies, son débit est mille fois plus important.
Ensuite, le flot court rapidement le long du Golfe du Lion. Pour vous en rendre compte, un jour sans vent, mouillez devant la plage. Votre bateau mettra aussitôt son nez dans le courant. Ne laissez pas un enfant plonger, il ne nagera peut-être pas assez vite pour regagner le bord !

 

DES CASCADES SOUS-MARINESLes cascades sous marines du Cap de Creus, comment ça marche en Méditerranée ?
Plus loin, le courant atteindra l’Espagne, deviendra courant “catalan” et cinglera cap au sud vers les Baléares. Mais avant, il pourra connaître un phénomène tout à fait étonnant en arrivant sur la Costa Brava, là où s’ouvrent de nouvelles fosses marines. Une équipe scientifique franco-espagnole y a révélé l’existence de cascades sous-marines exceptionnelles. Entre février et mars 2005, pendant 40 jours, ils ont mesuré que 750 km3 d’eau l’équivalent des apports du Rhône pendant 14 ans se sont déversés dans le canyon du Cap Creus à plus de 3 km/h, taillant dans les fonds meubles des sillons larges en moyenne de 100m sur plusieurs dizaines de kilomètres. Cela se produit avec plus ou moins d’ampleur et de force lorsqu’en hiver les vents froid soufflent longtemps du continent, refroidissant les eaux de surface qui, devenant plus denses, se mettent à couler vers les vallées sous-marines.
La Méditerrannée est parcourue par les marins depuis des millénaires. Pourtant, de découverte en découverte, les chercheurs n’en finissent pas de s’étonner.

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée