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Le Lavandou, la ville aux douze sables

Le Lavandou, 12 km de plages et autant de sables différents

Entre cap Nègre et le port de Bormes les Mimosas, le Lavandou est une remarquable succession de plages et de pointes rocheuses, évanescence au bain du massif des Maures.

 

Douze kilomètres de littoral, douze plages, douze sables. De quoi rendre fou les "arénophiles" autrement dit les collectionneurs de sables qui, pour le seul Lavandou, en trouveront douze différents : silice, gypse, quartz, bauxite, mica, blanc, noir, doré, rouge, avec ou sans paillettes de quoi occuper ceux qui mettent les plages du monde entier dans des bocaux (www.arenophile.fr) comme  les amateurs de fantaisies géologiques. Quant à la faune "psammophile" se dit des êtres qui vivent dans le sable de votre bord, elle pourra assortir ses draps de plage aux douze couleurs différentes des sables du Lavandou.

Et vous, pauvre capitaine maniaque comme nous le sommes tous, vous aurez à en balayer dans les fonds de vos navires les douze granulométries.

Si vous faites partie des Experts, à vous de trouver sur quelle de plage vos équipier(e)s ont pris des coups de soleil en compagnie des 125.000 autres estivants qui s'agglomèrent l'été aux 5.800 habitants permanents de la station !

UN PETIT VOYAGE A ROME

Le portPort de pêche et capitainerie du Lavandou dans le Var est au pied du mont Saint Clair. Le hameau du même nom se devine dans la pinède. La chapelle éponyme doit sa célébrité à son roumérage, procession annuelle dédiée à Saint Clair, patron des couturières qui guérissait de la cécité. Lou Roumérage qui signifie "voyage à Rome" en Provençal s'est étendu à tout pèlerinage, y compris d'un bout du village à l'autre.

Jusqu'en 1909, le Lavandou, a dépendu de Bormes dont il était simplement le quartier des pêcheurs. Trois interprétations à ce nom. La lavande, évidente mais peu probable : Lavanda Stœochas de son nom latin, se dit ici  queirélé.
La moins discutée est la thèse de Frédéric Mistral, dans Trésor du Félibrige qui défend une origine liée au lavoir, le lavador où les Lavandouraines, femmes de pêcheurs lavent et battent leur linge sur de larges pierres plates dans ce bassin public.
Une troisième hypothèse plus maritime évoque la situation du quartier par rapport à la mer et au vent d'Est, lévent dur. A vous de choisir.

En 1882 est enregistrée une première demande de « distraction de la section du Lavandou » d'avec Bormes.

La séparation est officialisée par le président Raymond Poincaré en 1913 et le Lavandou devient une commune dont le territoire de 3.000 ha est compris entre la Pointe de Gouron à l'Ouest, la ravine de Fontalde à Pramousquier pour l'Est, et la rivière de la Môle au Nord.

En 1736 vivaient là une dizaine de familles, pêcheurs descendant de Génois et de Catalans. En 1855, on comptait une trentaine de bateaux, cent cinquante en 1906.

BEAUDOUIN, ROI DES POINTUS !

Vous entrez dans le nouveau port et passez devant le vedettes Le centre du Lavandou et son marché font le bonheur des plaisanciers en quête d'avitaillement pour avant la prochaine escale et des touristesdes îles puis le vieux port construit en 1880 où barbotent encore quelques pointus, émouvants et pimpants bateaux des pêcheurs à l'ancienne. Ils ont navigué à la voile jusqu'à la Grande Guerre.

Puis ce fut la révolution mécanique ! Certains reçurent des moteurs de voitures, les Citroën B 12 puis B14. Mais en 1921 fut lancé un vrai moteur marin, le fameux monocylindre Baudouin Y 1 de 5cv à 1000t/mn. Au Lavandou, il équipa en premier deux pointus chanceux aux noms hautement historiques, le Poilu et le Jean Jaurès.

Le Lavandou a occupé la place de premier port de pêche du Var : en  1901, ses Pescadous ou pèd d'escaus (littéralement va nu-pieds), y ont fait peser 134.845 kg de poissons. Les Borméens  (habitants du village "du haut") se moquaient volontiers des Bachichins (ceux du hameau du bas) qui travaillaient durement, partaient souvent pêcher vers les îles où ils dormaient dans les cabanons de Port Cros.

Bien avant les estivants des congés payés qui firent ultérieurement la fortune du Lavandou, le Levant attirait les touristes de toute l'Europe qui fréquentaient la Côte d'Azur : c'était déjà une zone naturiste. La guerre de 14-18 à peine terminée, des navettes assuraient les traversées à la voile. Bastin Pins, pêcheur et marin, ancien garde côte à Terre Neuve avant de devenir directeur de la Compagnie des Iles d'Or, proposa dès 1930 la location pour dans promenades en mer, de petites barques à fond plat les bettes.

LA RESURRECTION DU BARBECUE

Pour les pêcheurs, le repos c'était à la Saint Pierre. Trois jours sans sortir en mer, où ils jouaient aux boules, devenue en 1907 le jeu à pétanqueLa pétanque, sport national aussi au Lavandou, idéalement face à la mer, à pieds tanqués, fixes. A ce propos, là où on peut voir à l'ombre des palmiers les boulistes concentrés sur le tiré-placé, a disparu à l'occasion de la construction du quai la trace d'un pied légendaire. Celui de Francesco Martotillo, moine calabrais aux dons de guérisseur, mandé en 1481 par Louis XI, malade.

En ces temps la Provence toute entière l'était de la peste ! Marseille et Toulon refusèrent d'accueillir l'équipage du moine qui dût faire halte au Cap Gouron, à Bormes. Le moine descendît alors de son embarcation laissant son empreinte sur le sol et s'approcha d'un groupe de pêcheurs qu'il bénit.

Puis il prît un poisson qui cuisait sur la braise et le posa sur une vague. Le poisson se mit alors à frétiller puis à nager vers le large. On ne sait si les pêcheurs apprécièrent de voir leur dîner retourner à la mer, mais les talents de thaumaturge du moine étaient évidents !

Le prince Pierre de Grasse fit rouvrir les portes du village et demanda à ce curieux visiteur « d'arrêter le bras courroucé du Tout Puissant » auquel on attribuait le fléau. La pesta s'éloigna et le Moine devînt le patron des Borméens sous le nom de Saint François de Paule. Voilà pour la légende. Pour l'Histoire, il ne parvînt pas à sauver Louis XI, mort à 60 ans en 1483.

Au village de Bormes, une chapelle romane construite en 1560 lui est dédiée. Une sculpture, représentant le saint homme fut érigée en 1791. Allez la voir à Bormes. Entre mille autres choses.

Emma Chazelles

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée