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Le Parc Marin de la Côte Bleue

Protéger l'usine à fabriquer les poissons de la Côte Bleue

Le Parc Marin de la Côte Bleue est un exemple de ce qui se fait de mieux : tout en acceptant une haute fréquentation touristique et nautique, les mesures de protection ont permis de créer un magnifique outil de production marine qui profite à tous.

 

L'attrait de la Côte Bleue sur la population marseillaise n'est pas à prouver. Alors que les calanques sont souvent d'un accès difficile, une voie rapide et quinze rotations ferroviaires par jour sont capables d'y déverser les foules.

Dans les fonds sableux, en été, les jeunes rougets, soles, trigles, grondins, pageots et daurades se nourrissent de petits vers, crustacés et mollusques en fouillant le sableUne enquête de 2005 a estimé la fréquentation à plus de 52.000 personnes hébergées, sans compter les "excursionnistes"

Quant aux plages, le dernier comptage effectué, faisait état de 8.310 personnes sur l'ensemble de ce littoral pour la journée du 17 août 1993. Or, la fréquentation a été multipliée par six dans les dix années qui ont suivi. On en serait aujourd'hui à environ 50.000 baigneurs pour une journée d'été normale !

La fréquentation des bateaux n'est pas en reste. La capacité des ports est de près de 2.000 anneaux dont 97% pour les plaisanciers. Carro, Sausset, Carry et la Redonne totalisent 1.400 postes dont seulement une soixantaine pour les visiteurs. Mais dix ports-abris peuvent accueillir près de 800 petits bateaux.

Résultat, les caboteurs avec leurs ancres et leurs chaînes, les nageurs, plongeurs, pêcheurs, récolteurs d'oursins, de corail et de coquillages ont fini par exercer une pression insupportable sur le milieu. La côte elle-même est soumise à un traitement équivalent. A terre comme sous l'eau, aux mêmes maux les mêmes remèdes : protéger.

Trois ans après les premiers achats de terrains par le Conservatoire du Littoral, en 1993 a été créée le Parc Marin de la Côte Bleue qui, entre autres, gère deux zones strictement défendues, à Carry le Rouet et au cap Couronne. L'enjeu est d'importance : la Côte Bleue recèle d'immenses richesses.Protégeons la Côte Bleue et ses merveilles du fonds des mers

L'idée n'est pas de créer un sanctuaire pour scientifiques ni un musée pour amateurs de belle nature. C'est de préserver cette "usine" de produits de la mer que le pêcheur professionnel peut vendre et le touriste manger.

Cette fabrique est un ensemble d'outils qui travaillent en harmonie. Il y a d'abord les herbiers de posidonies. Ce n'est pas une algue, c'est une herbe autrefois pâturage à bisons recouvert par la montée de la mer ? qui fleurit jaune chaque année. Les posidonies poussent jusqu'à 30 m de profondeur et occupent environ 55% du substrat rocheux et 85% du substrat sableux : un millier d'hectares, la plus grande étendue des Bouches du Rhône. C'est l'écosystème-pivot de la Méditerranée, à la fois frayère et nurserie, qui abrite 25% des espèces connues et constitue un pôle de biodiversité.

 

Dans les fonds sableux, en été, les jeunes rougets, soles, trigles, grondins, pageots et daurades se nourrissent de petits vers, crustacés et mollusques en fouillant le sable. En hiver, les sardines s'y regroupent avant de gagner la pleine mer. Au printemps, des bancs de lançons frayent en bordure des herbiers.

Les petits fonds rocheux, permettent à de nombreuses algues de se développer sur la partie éclairée alors que les animaux fixes prédominent sur la zone ombragée. Ces zones rocheuses servent aussi d'habitat et de refuge pour la faune invertébrée et vertébrée. Elles sont le lieu de prédilection des juvéniles des espèces de poissons, en zone superficielle. Ceux ci y trouvent une nourriture abondante, un milieu peu profond, bien oxygéné et une multitude de cachettes pour échapper aux prédateurs.

De nombreux poissons sont présents : 200 espèces appartenant à 77 familles y ont été référencées dont la roussette, la baudroie, la sole et le mérou (espèce protégée), mais aussi loup, muge, saupe, corb (espèce patrimoniale), daurade royale, sar commun, sars tambour, vérade, sparaillon, charax, girelles, serrans, rougets, merle, lasagne, crénilabres et rascasses. La plupart de ces espèces ont un intérêt commercial pour la pêche. Car même si les professionnels n'ont pas non plus le droit de pêcher dans les zones de protection, les poissons, eux, ne connaissent pas de frontières.

Une étude indique que « après huit années de protection, on s'est aperçu que l'abondance et la taille individuelle des poissons les plus recherchés sont en augmentation, que le nombre d'espèces augmente, que les densités de poissons évoluent à l'extérieur de la réserve, que le poids moyen des poissons capturés et la biomasse pêchée ont été respectivement multipliés par 2 et 4. »

Alors, quand on vous dira de ne pas jeter l'ancre pour protéger les posidonies, pensez au prochain repas de poissons que vous pourrez faire


Christophe Naigeon
Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée