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Le sable sait cacher ses trésors

Les fonds sableux du Golfe du Lion

Le plateau continental du Golfe du Lion passe pour un désert de sable sans vie ni intérêt.

Cabotages.Méditerranée- Vertes prairies sous-marines - ou posidonies que l'on retrouve dans le Golfe du Lion

Erreur ! La vie y est intense. Sous nos coques défilent de vastes plateaux rocheux, des récifs isolés, des épaves qui abritent une faune importante et variée. Mais le sable aussi recèle bien des richesses.

Vous avez beau scruter les fonds, vous ne voyez rien. En plus, l’eau n’est pas claire. Mais ceci n’est pas dû à la pollution. Le trouble vient des alluvions fins du Rhône, riches en éléments nutritifs, portés vers l’ouest par le courant ligure. Du coup, la vie explose. Il y a beaucoup plus de poisson en Languedoc-Roussillon que dans les eaux claires de Provence. Pour vous en convaincre, comparez le retour des chalutiers dans le petit port du Grau du Roi à celui des «pointus» dans la grande ville de Marseille, de la Ciotat ou de Toulon…

 

Pour commencer l’exploration, mouillez dans trois mètres de fond, à la limite des bouées de plage, et sautez à l’eau pour une petite virée avec palmes, masque et tuba. Du sable, du sable, toujours du sable. Mais c’est bizarre, cette impression que parfois ça bouge sur le fond. Patientez, observez, le monde des sables est plutôt timide. Il s’enfouit pour se protéger, se cacher, se tenir à l’affût.

 

Vous verrez blennies et gobies, ces petits poissons qui ne dépassent pas quelques centimètres. Ici et là, un ver dont seul sort le panache, un Bernard-l’hermite, des crabes, une ophiure, drôle d’étoile de mer qui cherche de jeunes mollusques avec ses longs bras sans ventouses, une vive embusquée, enterrée jusqu’aux yeux, toutes épines sorties. Et, en nageant dans les lagunes, vous aurez la chance de voir un hippocampe, signe du bon état sanitaire des eaux.
Et voyez tous ces trous, preuve de la présence des tellines, des couteaux et des palourdes dont les coquilles vides jonchent les plages ; et le concombre de mer peu ragoûtant, de la famille des oursins et des étoiles de mer, qui filtre les sédiments et remplit le rôle écologique de nettoyeur, indispensable à l’équilibre du milieu.

Le sable est aussi le domaine des poissons plats, mimétiques et semi enterrés : turbots, barbues et soles que l’on trouve surtout au débouché des eaux douces, sur des fonds un peu vaseux et dans

Cabotages.Méditerranée - Raie torpille dans les fonds sableux du golfe de Lion en Méditerranée

les étangs, grâce à leur tolérance aux variations de salinité. Maintenant, levez l’ancre, sortez la ligne de traîne, longez la côte. A moins de cinq nœuds, vous pourrez chasser les chasseurs : maquereaux, bonites, liches et loups qui se gavent des dizaines d’espèces de petits poissons côtiers.

Tout en traînant, ne quittez pas des yeux le sondeur. Surprise ! les fonds remontent rapidement alors que vous ne vous approchez pas de la côte. Les roches immergées sont une spécificité de la région. Et la vie s’y manifeste de façon spectaculaire. Chaque banc rocheux a ses habitués selon la profondeur et les conditions de courant et de turbidité, selon la présence de failles et de cavités. Soumis à des turbulences, le rocher abritera essentiellement des anémones, des huîtres, des moules, des oursins, des ascidies, des spirographes et des éponges. Plus au large, le rocher se pare de gorgones et dans les trous, langoustes, homards et cigales trouvent refuge. Quand aux poissons, la liste est longue : congres, rascasses, castagnoles, girelles, sars, labres, mostelles, rougets de roche et rougets grondins, bogues, chinchards, tacauds et loups se côtoient. On y trouve aussi poulpes et seiches.

A des profondeurs très variables, ces épaves constituent un milieu attirant faune fixée et espèces nobles comme le loup. Les habitants les plus remarquables de ces épaves sont les anémones-bijoux. Crustacés, petites limaces et nudibranches s’invitent fréquemment dans les infrastructures. Les congres sont aussi de la partie et des poissons de toute taille, bogues, chinchards, sars et tacauds, nagent à quelques mètres au dessus formant parfois de véritables nuages. Les barbiers rassemblés en bancs s’égaillent autour des carcasses.

Ces lieux «accidentels» sont si propices à la prolifération poissonneuse que l’idée de faire des récifs artificiels, expérimentée avec succès, est dans l’air. Leur impact sur la population globale du golfe du Lion reste à prouver mais, au moins pour la plaisance, ce sont de bons spots de pêche.
Même la création d’une grande ligne d’éoliennes offshore implantées sur des amas de blocs de béton, serait, selon certains, l’occasion de créer autant de nurseries. On dit même que cela gêne les chalutages dans les zones où il est interdit…


Hélène Petit

 

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée