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Les cascades sous-marines

Entre vents et cascades

Ce n’est pas le Triangle des Bermudes, mais un peu d’imagination pourrait y faire songer. La mer se dérobe soudain comme si on avait enlevé le bouchon au fond de la Méditerranée : en une journée,18 milliards de mètres cubes d’eau de surface “plongent” à 2.500  m en quelques heures ! Cela pour la seule région du Cap Creus ! Une véritable cascade sous-marine, 50 fois plus haute et 36 fois plus puissante que les chutes du Niagara… Histoire de cette découverte :

 

En 1993, une équipe de chercheurs franco-catalane a commencé une série de mesures pour étudier les échanges d’eau et de particules entre la côte du Golfe du Lion et le large. Intéressant, utile, mais, pas de quoi, en apparence, bouleverser les connaissances océanographiques et encore moins frapper l’opinion publique.
Dix années passent dans la rigoureuse routine de la démarche scientifique. Jusqu’aux hivers de 2004 et 2005 quand, à bord de bateaux français, espagnols et américains, l’équipe se met à truffer le canyon du Cap Creus Les cascades sous marines du Cap de Creus en Méditerranée, comment ça marche?d’instruments pour mesurer la vitesse et la puissance des courants, la transparence ou l’opacité de l’eau, capturer les particules en mouvement… C’est là qu’ils font une découverte tout à fait épatante et un peu hors-sujet : ils sont témoins d’un phénomène déjà observé mais d’une ampleur unique au monde, un “cascading” (sic) bien plus intense que tout ce qui avait été mesuré jusque-là.
Ils découvrent que le canyon du Cap Creus qui relie la bande côtière (200 m de profondeur) aux grands fonds Méditerranéens (2.500 m) est un immense torrent saisonnier, capable de charrier en 40 jours l’équivalent de 14 ans du débit du Rhône (2005), à la vitesse d’un bon marcheur.  Rien d’étonnant alors que le fond soit profondément creusé, tel un labour de géant, de sillons  de dix mètres de profondeur et de cent mètres de large en moyenne.

Comment ça marche ?
Deux ou trois choses à savoir pour comprendre :
Un, l’eau froide est plus dense, plus “lourde” que l’eau chaude. Elle a donc tendance à “couler”.
Deux, plus l’eau est salée plus elle est lourde.
Trois, le vent provoque de l’évaporation qui entraîne deux choses : le refroidissement du liquide (on souffle sur sa soupe) et une plus forte concentration de sel.
Mettez ces trois ingrédients ensemble, laissez la Tramontane ou le Mistral agiter fortement et longtemps le tout et vous obtenez un phénomène de “cascading”Les cascades sous marines du Cap de Creus,  comment ça marche?.
En hiver, les vents de terre, froids et violents soufflent parfois des jours et des jours, provoquant les trois événements ci-dessus décrits. Rien que du très logique dans la mécanique des fluides. L’extraordinaire tient à  la quantité d’eau mise en branle lorsque les conditions météo sont réunies comme ce fut le cas  – exceptionnellement – trois années de suite en 2004, 2005 et 2006.
Autre chose : ce courant entraîne au fond des quantités énormes de matière organique fraîche contenue dans les eaux de surface, apportant aux “déserts” sous-marins  quantité de nourriture carbonée de premier choix, du “caviar” comme dit Serge Heussner, chercheur au CNRS et “cascadeur” en chef de l’équipe basée à l’université de Perpignan.
Comment les organismes vivants, minuscules, moyens et gros réagissent-ils à cet apport nourrissant pour certains mais étouffant pour d’autres ? Ce phénomène a-t-il une influence directe ou indirecte dans la production de poissons ou de crustacés en Méditerranée ? Comment le milieu “traditionnel” des grands fonds, habitué à vivre chichement d’éléments carbonés dégradés par une lente descente depuis la surface, réagit-il à cette éphémère et violente abondance ? Mystère.
Mystère aussi, la constatation d’autres chercheurs qui ont mesuré, lors de ces phénomènes, un véritable boom du phytoplancton dans les eaux côtières alors que les éléments nutritifs ont fichu le camp au fond… Cause unique ou coïncidence ? Une découverte en entraîne une autre, un mystère dévoilé en fait apparaître un nouveau.
Dernière question : par quelle eau est remplacée celle qui plonge ? Par celle apportée par le courant Liguro-provençal qui charrie d’Est en Ouest l’équivalent de 1000 fois le débit du Rhône…

Christophe Naigeon

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée