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Port St Louis du Rhône : l'escale bon enfant où se marient les eaux


L'embouchure du Rhône n'est pas navigable. Sauf avec un bateau léger et à fond plat, il n'est pas possible de passer de la mer au fleuve. Passez donc au large et ne vous fiez pas à votre navigation de l'an dernier : les bancs de sable changent de place sans arrêt.

Avant que ne soit "shuntée" la partie basse du Rhône par le creusement d'un canal et la construction d'une écluse qui permette de passer du golfe de Fos au fleuve, le trafic ne pouvait être que saisonnier et toujours difficile
Port Saint-Louis-du-Rhône est né en 1871 du mariage des eaux douces et salées rendu possible par le creusement du canal Saint-Louis.Port Saint-Louis-du-Rhône est né en 1871 du mariage des eaux douces et salées rendu possible par le creusement du canal Saint-Louis. L'écluse passée, les péniches peuvent transborder leur chargement dans les eaux calmes du grand bassin. Mais ce n'est pas un fleuve tranquille

DEJA L'IMPAT INTEMPERIES
La naissance de Port Saint-Louis-du-Rhône est marquée par une calamité. Hiver 1711 : la crue est si importante que le Rhône change de lit ! Il déménage sur 25 km, entre Chamone et la mer. Port st louis du Rhône : La naissance de Port Saint-Louis-du-Rhône est marquée par une calamité. Hiver 1711 : la crue est si importante que le Rhône change de lit ! Il déménage sur 25 km, entre Chamone et la mer.Les riverains, dont les biens se trouvent sur le nouveau parcours, perdent tout.
Le Conseil du Roi, qui souhaite les indemniser, cherche de l'argent. Il crée un impôt ad hoc : à partir de 1723 le Lyonnais, le Dauphiné, le Languedoc et la Provence doivent payer une taxe sur le transport du sel par les voies navigables. Ce péage sert aussi à financer l'endiguement du nouveau bras du fleuve, et, en 1737, la construction de la tour Saint-Louis près d'une chapelle dédiée au bon roi que l'Evêché vient de consacrer.
A l'embouchure du Rhône, cette tour a trois vocations : phare, poste de douane et protection contre les pillards. Elle s'arme de deux ou trois canons gardés par quelques hommes invalides. A l'abri de sa présence rassurante, des pêcheurs construisent des cabanes.
Vient la Révolution. En 1789, les Provençaux la débaptisent et la nomment Tour des Embouchures, puis tour Monnaidière du nom des révolutionnaires d'Arles, les Monnaidiers, qui se réunissent rue de la Monnaie. La tour récupère son nom d'origine après la révolution. Le Génie militaire l'occupe avant de céder la place aux Ponts et Chaussées.

LA MALARIA, UNE PLAIE
En 1802, Napoléon Bonaparte décrète la construction du canal d'Arles. Les travaux durent 70 ans. ! A cette époque, il n'y a là que des marécages infestés de moustiques. La malaria décime les équipes d'ouvriers de ce gigantesque chantier. Ce qui n'empêche pas Napoléon III de lancer le creusement du canal Saint-Louis. Destiné à permettre l'échange des bateaux jusqu'à 6 m de tirant d'eau entre le golfe de Fos et les eaux douces navigables, il comprend un canal de 50 m de large, un bassin de 6 ha et une écluse de 160 m de long sur 22 m de large.
Premier coup de pioche en 1864. En 1871 l'ouvrage est ouvert à la circulation mais le chantier dure encore trois ans. L'installation de la Compagnie Générale de Navigation en 1880 lance le port. La ligne de chemin de fer Arles Port Saint-Louis, mise en service en 1887, fait affluer les industriels.Port Saint-Louis, port de plaisance, port de pêche, port industriel La commune, à cheval sur Arles et Fos, devient indépendante en 1904. Suit un demi-siècle d'essor dont l'apogée se situe dans les années 1960.
Mais au début des années 70, quand l'état décide de créer le complexe portuaire et industriel de Fos, commence le déclin de Port Saint-Louis, comme en témoignent aujourd'hui les nombreuses friches industrielles, vestiges de l'âge d'or.
Premier pas vers le renouveau, le bassin central, presque vide de bateaux de commerce, devient un beau port de plaisance en 1992. Profitant de espaces vacants, s'installent chantiers nautiques et ports à sec (voir pages suivantes).

LE RETOUR DES BEAUX JOURS
Les beaux jours sont en train de revenir. Le développement de la plaisance a redonné de l'intérêt à ce site très protégé, aux immenses espaces en train de s'équiper et disposant d'une importante main d'œuvre.
Les risques de réchauffement climatique relancent aujourd'hui le fret fluvial. Une seule péniche peut représenter jusqu'à 200 camions ! Il y a fort à parier que Port Saint-Louis-du-Rhône retrouve un jour son lustre d'antan.
Et, pourvu qu'on parvienne à résoudre la question des moustiques sans pour autant menacer l'écosystème, le tourisme pourrait bien être la troisième voie : la Camargue, ses plages, ses étangs, ses chevaux et ses oiseaux sont à deux pas. Les aménagements autour du grand bassin sont plutôt réussis. Mérite le détour, comme on dit
Et la tour ? Depuis 1973, la commune gère ce monument emblématique. Restaurée, elle est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1942. Elle abrite désormais l'office de tourisme.

 

Christophe Naigeon
Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée