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Barberoussette, le pirate de Sète

Le pirate naufrageur du mont Saint-Clair de Sète

Au XVIe siècle, le pirate Barberoussette allume des feux sur le mont Saint Clair pour attirer les bateaux. Il les dépouille une fois échoués sur la côte. Il est arrêté par le duc de Montmorency.


Il était une fois un pirate affublé d'une petite barbe couleur rouille. On l'appelait Barberoussette. De son vrai nom Gaspard Dot, il est originaire de Provence. Il s'installe sur le mont Saint Clair et choisit de faire carrière dans la piraterie avec naufrageur comme spécialité. Nous sommes au XVIe siècle. Si certains fait sont avérés, son existence par exemple, d'autres relèvent de l'imaginaire collectif.


« Nous n'avons aucune trace de sa vie au niveau de l'état civil, car il a existé avant la création de la ville de Sète, précise Cathy Lopez, responsable des Archives de Sète, un mystère l'entoure. Il fait rêver car il transgresse la loi. Et puis le pirate, le corsaire concrétisent la liberté de l'infini maritimeLe fameux Barberoussette de Sète, le pirate, le corsaire qui concrétise la liberté de l'infini maritime


La tactique du pirate ? La hauteur du mont Saint Clair permet au pirate et à ses acolytes d'allumer des feux afin de tromper les navires. En mer, les capitaines se croient guidés par le phare d'Agde et leurs bateaux s'écrasent contre les rochers de Sète. Il ne reste plus qu'à la bande de brigands cachés près de la plage du Lazaret de s'élancer à bord de leur brigantin une petite goélette très rapide gréée carré à a misaine et aurique à l'artimon. Ils montent à l'assaut de la malheureuse embarcation et trucident sans pitié capitaine et marins.


Barberoussette embarque son butin, tissus, armes et chevaux et rejoint prestement l'îlot de Brescou à environ 1.800 m au large d'Agde. L'homme est futé et fait preuve d'une hardiesse et d'un sang-froid à toute épreuve. Au moment où les échanges maritimes, fret et transport des passagers, s'intensifient le long de la côte languedocienne, c'est pour lui une manne.


Malgré les tentatives pour mettre fin aux agissements des voleurs, personne n'arrive à capturer les larrons. Les autorités, fortement agacées, veulent en finir avec ce hors-la-loi. D'autant plus que, d'après la légende, il fournit en armes et matériel militaire le maréchal de Joyeuse, serviteur de la Ligue, un mouvement politico-religieux qui veut empêcher l'accession au trône du futur roi de France protestant Henri IV.


Un jour, les habitants de la région, fatigués de ses forfaitures, implorent le gouverneur du Languedoc, le duc de Montmorency, d'arrêter le pirate et sa bande. Le samedi 23 mai 1586, dans la maison commune d'Agde, le gouverneur assène : « Depuis février, Barberoussette nous fait courir. Il empoisonne la navigation et nous moque. Il faut terminer ses outrances. Messieurs, je veux des propositions. » En effet depuis février, Barberoussette ne se contente plus de piller les bateaux échoués à Sète, mais organise un véritable blocus du port d'Agde qui commence à pâtir du manque de nourriture.


Un grand officier, Bertichères, suggère : « Monseigneur, pour aller de l'avant, il faut navires et guetteurs. Les navires pour chasser Barberoussette sur mer. Les guetteurs à cheval pour le suivre à terre, puisqu'il accoste et débarque. Je peux fournir quelques chevaux légers, de bons cavaliers et pister ce brigand à terre. »


Le 29 mai, un commando repère Barberoussette près de Sérignan. Il est chassé à coups d'arquebuse. Il est finalement arrêté avec huit de ses hommes. Il risque la pendaison. Mais le duc de Montmorency admire en secret cet homme intrépide et guerrier. En échange de sa vie, il exige sa collaboration d'"expert". Barberoussette devient ainsi responsable d'un chantier de galère à Agde. Comble d'ironie, il est chargé de gérer vingt-cinq forçats. Après la gloire locale, Barberoussette se range, se marie, devient père de quatre enfants et, ainsi "rangé des voitures" tombe dans l'oubli.


Après la capture du pirate, le duc de Montmorency sécurise le mont Saint Clair. Il fait ériger au sommet une tour garnie de bastions où une garnison militaire stationne en permanence. L'édifice prend le nom de Fort Montmorencette. Mais l'ombre de Barberoussette plane toujours sur l'île Singulière. Il paraît même que le pirate a caché un butin sur Saint Clair. Avis aux chercheurs de trésor.

Sources
Archives d'Agde
Archives de Sète
Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée