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Sète : la ville forte en version latine

Grande histoire, petites histoires au fil de l'eau

Il y a tant à raconter sur Sète Une escale d'une vie n'y suffirait pas. Alors, pour commencer, laissez-nous vous accompagner pendant vos manœuvre d'atterrissage.

La colline de Sète se repère de loin. Le Mont Saint Clair ! Que de légendes à son sujet ! Un volcan, comme à Agde ? Non, rien à voir avec le basaltique mont Saint Loup, très jeune loup de 640.000 ans qui a explosé, apportant un peu de chaleur alors que, par un froid glaciaire, des pré-néandethaliens fabriquaient les premiers bifaces pour chasser le renne !
Le Jurassique Saint ClairLe Mont St Clair à Sète, lieu incontrounable tout comme le sont les quais, le môle St Louis, le cimetière marin où est enterré Brassens ou le théâtre de la mer fait figure de doyen avec ces quelques 150 millions d'années. Son calcaire est l'œuvre de Thétis, l'ancêtre de la Méditerranée, avant qu'elle ne décide de tirer sa révérence, laissant un paysage de marécages.

DEJA, DES LASAGNES
Tout de suite quelques dizaines de millions d'années plus tard s'installa ici une grande colonie de dinosaures. Des herbivores, des carnivores, d'effrayants comme cette monstrueuse poule de cinq mètres, sans plumes, au "bec" armé d'une centaine de dents de 15 cm et des géants comme le brachiosaure de 25 m de long et de 50 t trouvé à Mèze. Il y a pondu des centaines d'œufs et s'ébrouait dans la forêt tropicale humide sans se douter qu'une "extinction de masse" l'attendait en cette triste année de 65.000.000 avant J.-C. Finie l'ère secondaire.
Le tertiaire se terminait à son tour quand la marée remonta. Mais elle ne dût pas reconnaître l'endroit. Pendant son absence, quelque part entre la fin de l'éocène et le début de l'oligocène, les Pyrénées avaient jailli et, dans un mouvement de pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette, avaient fait des plis dans les couches calcaires que Thétis avait déposées bien à plat comme des lasagnes. Et c'est là, il y a à peu près 35 millions d'années que le Saint Clair devînt un mont et la Gardiole un massif.
Deux îles, d'abord. Puis, avec le dépôt de sédiments apportés par les fleuves et les courants, la Gardiole se rattacha au continent et le Saint Clair faillit ne plus être l'île singulière du poète

CETUS, SETTIM, CETARIUM
L'île bleue, dit-on aussi quand on laisse Paul Valéry à son cimetière marin, sous le phare au flanc de ce mont qui ressemble à une grosse baleine. Cetus, le cétacé des latins, devenu Ceta, Cète ou Cette comme on le lit sur les cartes anciennes. LeLe bassin de Sète, vue imprenable sur la ville, son môle St Louis et bien sur sur la Méditerranées armes de la ville portent un animal marin plutôt imaginaire. Légende ?
D'autres sources feraient remonter le nom de Sète au temps des phéniciens : Settim. Dans la langue de ces marins qui fondèrent Agde six siècles avant notre ère, ce mot désignait un promontoire boisé. Explication plus prosaïque : un repère à la navigation ?
Il y aurait même une troisième explication selon laquelle l'origine serai Cetarium, le vivier. Les premières populations qui se moquaient pas mal d'avoir la vue sur la mer n'habitaient pas le mont Saint Clair mais les bords poissonneux du bassin de Thau. Les Catarii auraient été des mareyeurs gallo-romains, devenus plus tard Setori, nom que l'on donne encore aux sétois et à leur parler.
Sète est donc un promontoire boisé en forme de baleine au pied duquel vivent des pêcheurs. On s'en doutait. Quoi qu'il en soit, ces Setori se sont installés là en nombre dès que le môle Saint Louis fut achevé et qu'une ville pût se développer ici. Son nom s'écrivit d'abord comme aujourd'hui : Sète. Puis ce fût Cette. En 1928, l'orthographe officielle redevînt Sète.

LE MARKETING ROYAL
Rangez les dictionnaires et sortez les pare-battages. On approche. Normalement, vous n'entrez pas par la voie royale, l'entrée Est réservée aux ferries et aux cargos, sauf en cas de mauvais temps. Alors, prenez sagement la passe Ouest. Devant vous, le môle fondateur du port dont la première pierre fut posée le 29 juillet 1666.
Louis XIVLe grand canal de Sète est bordé par des quais aux couleurs chatoyanntes recevant les reflets de l'eau avant de se jeter dans le port pour dans la Méditerranée voulait donner un grand retentissement à la création d'un « port facile et assuré ». Il profita que chaque année se tenait en juillet la grande foire de Beaucaire où « marchands et négociants de presque toutes les nations ont coutume de se rendre ». Il les invita pour qu'ils « portent eux-mêmes la nouvelle dans leur pays ».
L'organisateur de la cérémonie, l'Intendant de Languedoc, construisit en trois semaines une ville artificielle en bois et en toiles peintes en trompe l'œil, une avenue bordée de bâtiments et couverte de feuillages pour héberger et promener les V.I.P. au frais, une église dédiée à Saint Louis, patron du port. Le jour de la fête, des centaines de traiteurs, cuisiniers, cabaretiers, marchands de fruits, de limonade et de liqueurs à glace régalèrent les visiteurs. Il y eut un spectacle de joutes (voir l'article en pages suivantes)
Ce fut donc une belle fête au retentissement international. L'opération marketing avait réussi.

LES ANGLAIS ARRIVENT !
A l'Ouest, à l'extrémité terrestre du môle de Sète, c'est le fort Saint Pierre.
A l'Ouest, à l'extrémité terrestre du môle, après la terrasse de l'Ameriklub, vous voyez un fort. C'est le fort Saint Pierre. Non, ce n'est pas un fort "Vauban", malgré les apparences. Quand il fut construit, en 1711, le Maréchal de France qui voulait ériger une "ceinture de fer" autour du royaume de Louis XIV était mort depuis quatre ans. Sète était un trou de cette ceinture. On va voir pourquoi.
Prenez la passe, et, dans un grand cercle sur bâbord, dépassez la station d'essence (à hauteur de thoniers !), la base Tabarly où se trouvent la SNSM, l'école de voile et la société Nautique de Sète, l'une des sinon la plus ancienne de France. Là, au pied du phare, après le carénage des chalutiers, un terre-plein avec des pêcheurs à la ligne. C'est là que se trouvait le premier fort. Bien équipé et armé, il interdisait à tout navire ennemi d'entrer. Mais, comme la ligne Maginot, il n'empêchait pas les armées d'arriver par l'autre côté.
C'est ce que firent les troupes du commandant Norris de la marine royale britannique en débarquant le 24 juillet 1710 dans la baie du Lazaret, du côté où se trouve aujourd'hui le port des Quilles et où le premier projet de port pour Sète avait été tenté puis abandonné aux sables. Après cinq jours de bataille le duc de Noailles repoussa l'ennemi.
Les Sétois, terrorisés par la canonnade des 26 navires et l'invasion des 1500 soldats anglais, avaient fui ou s'étaient réfugiés dans le seul endroit solide du Saint Clair, l'église Saint Louis dont vous apercevez la statue au dessus des toits du Quartier Haut (voir l'article de notre édition de 2008 sur www.cabotages.fr).
C'est pourquoi, à la suite de cette malheureuse affaire, il fut décidé que Sète devait être défendue. C'est ainsi que quatre forts furent construits, parmi lesquels, en 1711, le fort Saint Pierre qui, depuis que les Anglais sont devenus des touristes pacifiques, s'est changé en ce magnifique Théâtre de la Mer où vous attendent les concerts de l'été au clair de lune.
Vous êtes arrivés, la capitainerie-péniche fait aussi partie des monuments locaux. Et si les sanitaires vous semblent un peu tristounets, sachez qu'ils sont l'ancienne partie basse de la construction qui existait en amont du phare, détruite pendant les bombardements de 1944. Mais c'est une autre histoire, et il y en a tant à raconter Revenez l'année prochaine.

Christophe Naigeon

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée