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Saint Cyprien, quand les marinas gagnent sur les marécages

St Cyrprien, une escale à la destinée liée à jamais à la Méditerranée.

Le port de Saint Cyprien, fier de ses 2200 anneaux, de ses marinas et de ses quartiers gagnés sur les marécages, sait bien sur quoi il est construit : du sable et des limons. Du temps des Romains, de Charlemagne, des Templiers et des derniers rois de France, l'histoire de la région n'est qu'un perpétuel combat contre l'envasement, l'ensablement, la remontée des eaux de mer.

Le Port de plaisance de St Cyprien autant pour les marins que pour les touristes de Méditerranée

Au Xe siècle, l'actuel Saint Cyprien, était une ancienne maison romaine : la Villa Sallix, appelée plus tard Villa Saulx, puis Villa de la Saussaie. La création du village débute vers 915, avec l'avènement de Charlemagne, l'instauration du système féodal et la multiplication des églises sous l'impulsion des Carolingiens. Le lieu sera dédié au martyr chrétien Saint Cyprien (200-258) évêque décapité à Carthage pour incitation aux troubles. Ce nom traversera les siècles, contrairement à d'autres villages qui ont changé d'appellation.

 

Si le nom est constant, le territoire ne l'est pas. Le destin de Saint Cyprien est lié aux mouvements de la mer, à l'incertitude du trait de côte et aux marais salés qui occupaient l'espace flou entre terre et eau.

L'histoire de Saint Cyprien se mêle à celle d'une petite ville, à 5 km dans les terres, Elne, nommée à ce moment-là Illibéris du Celte Illimberi qui signifie "colline au milieu des limons". Amusant, les habitants d'Elne s'appellent encore de nos jours les Illibériens.

 

Saint Cyprien en Roussilon ville fortifiée avant l'arrivée de la plaisance en Méditteranée

A cette époque, la mer arrive jusqu'aux remparts d'Elne mais elle n'est pas assez profonde pour que les barques passent. On drague un chenal qui deviendra le canal d'Elne et Saint Cyprien devient ainsi le port d'Illibéris. Profitant du trafic commercial entre les deux bourgades, des poissons qui remontent et des fameux limons, paysans et pêcheurs s'installent et cultivent les terres environnantes.

 

L'assainissement des marécages va devenir systématique avec l'arrivée des Templiers dont l'influence est grande dans la région à partir du XIIe siècle. Le premier précepteur de la principale commanderie templière de la région se nomme Arnaud de Saint Cyprien. Dans la plaine sud, les Templiers du Mas Deu dominent. Ils assèchent une grande partie des marécages, de Salses à Argelès.

Leur but : financer la croisade en Orient. Ils cultivent la vigne et les céréales, fondent des fabriques, des tanneries et des ateliers de confection du cuir. Ils pratiquent également l'élevage. Ils contribuent ainsi à l'exploitation de ces nouvelles terres par les habitants du cru dont les conditions de vie s'améliorent nettement. Tout au long du Moyen-Age, l'assainissement se poursuivra avec la construction d'un réseau d'aqueducs et de canaux. Une église se construit au XIIIe siècle, le bourg compte 350 habitants vers 1385.

 

Le second "grand bond en avant" de Saint Cyprien se situe au milieu du XVIIIe siècle grâce au commerce maritime de la morue, de l'huile, du charbon et du fer issus du mont Canigou. Les échanges entre Elne et Saint Cyprien sont relancés. Et, le long de la ligne de côte qui n'est pas encore celle que nous connaissons actuellement, se développent deux petits villages de pêcheurs, préfiguration de ce qui se passera bien plus tard, quand, après les ruines de la seconde guerre mondiale, viendra le temps de la reconstruction.

A la fin des années quarante, le ministère de la Reconstruction construit à la hâte des lotissements pour reloger les familles. L'idée de la création d'un village de mer germe alors dans les esprits. Puis, en 1962, de nouvelles populations venues d'Algérie sont à accueillir. Naît un vaste programme d'aménagement de la commune. L'objectif est de transformer ces anciennes terres insalubres, comme les Carolingiens et les Templiers l'avaient déjà fait.

 

Mais cette fois, il s'agit de créer une station balnéaire moderne, voulue comme l'une des plus belles de la côte. Les travaux sont très importants. Il faudra attendre 1967 pour qu'un port voie le jour, avec deux vocations, l'une, classique, d'accueil de bateaux de plaisance et l'autre, plus nouvelle à l'époque, de création de marinas. Un pari réussi. Aujourd'hui, le port avec ses 2.200 anneaux se place au deuxième rang du bassin méditerranéen et au troisième rang français. Mais l'homme sait bien qu'il n'en a jamais fini avec la mer et ses mouvements, ses descentes et ses montées


Marilyn Beaufour et Christophe Naigeon

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée