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Sainte Maxime sauvée par le train

La prospérité qui vient à toute vapeur à Sainte Maxime

Alors que Saint Tropez a eu son heure de gloire grâce à la marine, Sainte Maxime doit la sienne au chemin de fer qui est venu lui apporter la manne touristique.

 

Chacun sa pointe. Saint Tropez a la Rabiou, Sainte Maxime celle des Sardinaux. En arrière-plan la "petite corse" les contreforts du massif cristallin des Maures protège mieux Sainte Maxime du mistralSte Maxime : Vue aérienne du port de Ste Maxime protégé la Pointe des Sardinaux.
A 134 m en surplomb de la pointe, le sémaphore. Il fut équipé, comme tous ses cousins de "type Béar", du dispositif du télégraphe Chappe utilisé à partir de 1807 en remplacement de la ligne continue de vigies "à pavillon" créées par la Marine à partir de 1795. A l'époque romaine, on allumait des feux sur les 3.200 tours de guet étalées sur les 5.600 km du littoral, des Pyrénées à l'Italie.
Chacun sa tour. Saint Tropez a le Portalet à la base de son môle, Sainte Maxime la Tour Carrée, dans l'axe du quai central. Elle fut fondée vers l'An Mille par les moines de Lérins qui évangélisaient les communes du littoral pour croiser les feux avec sa voisine d'en face et mettre en échec les envahisseurs.

LE PONT SUR LE PRECONIL

Mais l'exclusivité de Sainte Maxime est un pont blanc en forme d'arcLe pont blanc en forme d'arc de Ste Maxime est un bon amer pour nos caboateurs. Entre la masse immaculée d'un grand immeuble à sa droite et la grande plage de sable fin de la Croisette à sa gauche, visez le pont.
En plus d'être un amer, ce pont est un pivot qui organise le plan de la ville : du nord au sud il fait le lien entre l'arrière-pays et la mer par le cours du Préconil, d'est en ouest il porte la route du front de mer.
C'est un Bow-string en béton armé, ouvrage révolutionnaire quand il remplaça en 1934 un pont routier construit 45 ans plus tôt et emporté en1932 par une crue mémorable du Préconil, petit fleuve côtier long seulement de 14 km mais dont on craint ici des colères dantesques.
En 1932, les pluies diluviennes avaient dévalé sans frein des Maures privées peu avant de leur manteau végétal par un grave incendie. Le Préconil et ses deux affluents, le Couloubrier et le bien nommé Bouillonnet, apportèrent des amas de branchages qui s'empilèrent contre le pont trop bas. Un barrage se forma qui, après avoir inondé l'amont, céda en emportant tout en aval.
Au matin, après une nuit de fin du monde où se sont succédé avec la même brutalité crue et décrue, on trouva les habitants en chemise sur les toits de leur maison et le Casino Municipal les pieds dans l'eau. Le Grand Hôtel avait été vidé de ses meubles qui se mélangeaient sur la plage aux épaves des barques. On retrouva jusque sur les plages de Saint Tropez, madriers, bastaings et mille objets emportés par le fleuve et rejetés par la mer. Mais, place de l'église, les micocouliers, plantés en 1852 au milieu des mûriers ancestraux étaient toujours là. Pas de miracle pour le pont métallique du chemin de fer qui reliait Saint Raphaël à Toulon. Emporté. La station balnéaire très prisée depuis les années 20 se trouvait de nouveau isolée.

LE TRAIN SAUVE SAINTE MAX'
L'isolement, c'est l'asphyxie de Sainte Max'. Sans autre voie de communication que des chemins dans le maquis, elle avait créé en 1758 un embarcadère pour les produits locaux dont elle tirait subsistance : bois, liège, céréales, huile d'olive, vins et canne de Provence. Mais l'ancien mouillage de l'Antiquité n'atteignit jamais une activité importante.
C'est le chemin de fer qui lancera la commune. Alors qu'elle n'avait jamais pu rivaliser avec Saint Tropez comme port de commerce et chantier naval, elle prit enfin sa revanche. A la fin du XIXe siècle, le commerce maritime déclinait tandis que le train  apportait vie et prospérité partout où il passait. Et c'est la rive nord du golfe qu'il choisit : d'abord Paris-Fréjus, puis Toulon - Saint Raphaël et Hyères - Saint Raphaël en 1890. La ligne Toulon - Hyères est enfin ouverte en 1905.
En 1907, le guide Pol décrit les maisons fleuries de Sainte Maxime mises à la location. Cela n'existe pas encore à Saint Tropez ! Le temps de la villégiature a sonné. On attribue désormais le nom de villa, non plus aux fermes romaines mais aux réalisations néo-provençales des architectes René Barde, Henri Bret ou Léon Bailly.
Précurseur encore, Sainte-Maxime propose ses bains d'eau chaude ! Eau courante et gaz sont partout. La société de la Belle Epoque fréquente l'hiver son palace Le Grand Hôtel qui propose un garage pour les voitures automobiles, des chambres avec salle de bains et une chambre noire pour la nouvelle activité en vogue : la photographie. La photo est tellement à la mode qu'oL'entrée du port de Ste Maxime où les mats de bateaux se mèlent aux touristesn trouve des établissements sans salle de bains, avec chambre noire.
On aime la promenade, plantée de palmiers, le mimosa et l'arbousier et le grand parc sauvage et inquiétant des Maures avec ses pins parasols, chênes liège, cistes, myrtes et surtout on adore la douceur de son climat. En 1935, avec ses nouveaux ponts, Sainte Maxime peut de nouveau accueillir sur sa promenade d'élégantes estivantes en pantalons, avant que les vacanciers de 1936 ne découvrent le charme des congés pays au soleil.
Sainte Maxime compte sept plages et une calanque. Au Nord de la pointe des Sardinaux, les âmes d'enfants choisiront celle des Eléphants qui doit son nom à Jean de Brunhoff. Il y écrivit le Premier album de Babar.


Emma Chazelles


Lire le livre de Henri Prevos-Allard, Saint Tropez d'Antan, HC Editions, un remarquable ouvrage illustré de photos rares sur toutes les communes du golfe.

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée